Nadal le roi

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Nadal le roi

Message par Adminyassine le Dim 11 Juin - 15:39



A 20 ans, Rafael Nadal a remporté son deuxième Roland-Garros, pour sa deuxième participation. Personne n'avait réussi un tel exploit, comme personne n'avait dominé Roger Federer en finale d'un tournoi du Grand Chelem. L'Espagnol l'a fait (1/6, 6/1, 6/4, 7/6 (4) en 3h02) pour s'offrir sa 60e victoire d'affilée sur terre battue. Enorme...

Le match des matches. Tout a été dit sur les énormes enjeux de cette finale, mais une chose est sûre : on attend beaucoup, beaucoup de ce duel au soleil et au sommet. Le roi du tennis mondial face au roi de la terre, deux styles de jeu et deux personnalités opposés, un "central" plein à craquer, un ciel bleu immaculé, tout est réuni pour cette apothéose. Les 15 000 spectateurs assis dans les tribunes du court Philippe-Chatrier le savent, ils sont tous des privilégiés…

Comment les deux champions vont-ils aborder ce qui est sûrement le match le plus important de leur carrière ? Avec cette chaleur (32° C), le lift de Nadal va faire mal. Mais le service de Federer promet d'être plus efficace. A l'applaudimètre, en tout cas, "Rodgeur" a un léger avantage. Le public est déjà chaud bouillant. L'Espagnol, lui, pique un sprint après la photo-souvenir. Il est déjà survolté !

Nadal nerveux

A 15h15, Federer lance la finale. Dans le premier jeu, il doit sauver deux balles de break sur son service. Mais très vite, on s'aperçoit que le plus nerveux des deux est Nadal. Incroyable, il aligne les fautes directes, lui qui ne donne pratiquement jamais de points ! Impatient, imprécis, le Majorquin se retrouve vite mené 5-0 ! Ses supporters sont médusés. Sans être exceptionnel, "Rodgeur" a su se montrer brillant par instants.

En fait, le cinquième jeu au cours duquel le Suisse a dû sauver deux balles de "débreak" a sonné le réveil du n°2 mondial. Ça y est, "Rafa" est redevenu lui-même, un taurillon bondissant, un marsupilami qui semble avoir des ressorts sous les pieds. Federer boucle le premier set 6/1 en 37 minutes. On pressent que la suite va être plus difficile…

Effectivement, Nadal commence à appuyer là où ça fait mal : sur le revers de "Rodgeur". Son lift rebondit tellement haut, que Federer doit avoir un timing parfait. Alors qu'il mène 40-0 sur son service dans le deuxième jeu, le roi du circuit se relâche un tout petit peu, et manque notamment une volée de coup droit en apparence "facile". "Rafa" se jette sur l'occasion comme un gourmand sur un moelleux au chocolat. Un fabuleux passing de revers court croisé lui offre le break (2-0). On ne le sait pas encore, mais le match a définitivement changé d'âme.

Revers torturé

Surpris peut-être par la violence de l'accélération de son rival, Federer bégaie un peu son tennis et perd vite ce deuxième set 6/1, en 32 minutes. La grande bagarre n'a pas encore commencé. C'est au cœur de la troisième manche que tout va se décanter. A 2-1 en sa faveur, celui qui vise le Grand Chelem sur deux ans se procure quatre balles de break. A chaque fois, Nadal a le dernier mot au terme de points énormes. Puis il enchaîne deux aces ! 2-2. "Rodgeur" est un peu sonné.

D'autant que dans la foulée, c'est lui qui cède son service. Torturé sur son revers, il doit tourner autour pour prendre d'énormes risques en coup droit. Mais le fil se brise. 3-2 Nadal. Et l'Espagnol devient monstrueux, à l'image de ces quatre coups droits fulgurants qui lui permettent de se détacher 5-3, sur un jeu blanc. Des frappes d'une violence inouïe qui provoquent des murmures d'admiration dans le public.

Le Suisse a beau monter en puissance au service et offrir quelques coups de génie, il est clairement dominé et "coincé" tactiquement. En 56 minutes, le tenant du titre s'adjuge le troisième set 6/4. Il est le patron du court.

Super public

Et pour ne rien arranger aux affaires de "Rodgeur", Nadal enfonce le clou et breake d'entrée de quatrième set. Plus fort encore, l'homme au pantacourt blanc va chiper le service adverse en attaquant à tout va ! Federer a presque la tête sous l'eau. Il perd même neuf points de suite. Le public, qui aura eu une tenue et une attitude irréprochable tout au long du match, relance le champion en scandant "Rodgeur, Rodgeur". Le double break est évité. Mais il va falloir refaire son retard…

Et les occasions sont inexistantes. Rafael tient sa proie. Il sert à 90% le revers de son adversaire et le pousse régulièrement à la faute. Au total, les "stats" comptabiliseront 25 fautes directes en revers du n°1 mondial. La vérité oblige à dire que ces chiffres sont trompe-l'œil. Plus de la moitié des points auront été perdus par Federer sur ce point "faible".

5-4 Nadal. Il est 18h00, il sert pour le doublé. Au jeu précédent déjà, il s'était approché à deux points du sacre. Et là, alors qu'il mène 30-15, l'incroyable se produit. Le Suisse "boise" son coup droit, qui retombe sur la bande du filet, hésite et passe. "Rafa" se précipite sur cette balle "morte", mais son pied touche le filet. 30-30. Le point suivant est tout aussi fou. Après avoir fait trois fois l'essuie-glace en fond de court, Federer revient du néant pour finalement déposer une volée de coup droit amortie gagnante. C'est du délire ! Et c'est carrément de la folie dans les tribunes quand Nadal expédie son coup droit dans le couloir. 5-5 !

Bain de terre

Tout semblait dit. Mais Federer est soudain ressuscité. Et il remporte sa mise en jeu. 6-5. Allez, même les (nombreux) supporters de Nadal y pensent : un cinquième set serait fabuleux. Mais il n'aura pas lieu. Sans trembler, "Rafa" égalise et prend vite les commandes du tie-break. 5 points à 2. Avec toujours la même tactique : le revers, le revers de Federer, et quand l'occasion se présente, un grand coup droit décroisé.

Deux volées gagnantes rapprochent le Suisse à 5-4. Mais c'est à l'Espagnol de servir. Cette fois, il n'y aura pas de miracle ou de clin d'œil du destin. Un service gagnant (sur le revers…) donne deux balles de match à l'homme de Manacor. Il est 18h21. Le silence est d'or. Nadal agresse Federer (sur le revers…), et achève sa fabuleuse quinzaine par une volée de coup droit liftée imparable. Ivre de joie, il s'effondre à renverse. Maculé de terre, le champion va étreindre son rival, avant de s'étendre à nouveau sur le sol et de se rouler dans cette terre qui l'a fait roi.

La scène est ensuite traditionnelle. Rafael Nadal monte dans la tribune des joueurs. Sa famille est là pour l'embrasser. Les discours des deux champions seront empreints d'un profond respect. La Coupe des Mousquetaires a donc encore échappé à un attaquant. Tiens, c'est justement Stefan Edberg, finaliste malheureux en 1989, qui était invité pour remettre le trophée. Peut-être aura-t-il pu glisser quelques mots de consolation à l'oreille de Federer…


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